vendredi 10 janvier 2014

« Mes petits jeunes »

Je me présente, je suis Sophie Delamarre et je travaille dans l’animation pour enfants de 12 à 17 ans depuis maintenant cinq ans. Je suis très petite de taille, et il est parfois difficile de se faire obéir. Et il est vrai qu’à 16-17 ans, les « enfants » ne sont pas toujours très réceptifs face à l’autorité, ils se sentent supérieurs à tout et tous et veulent tout contrôler. Mais ils peuvent parfois être adorables, quand ils sont bien réveillés bien entendu. L’adolescence, nous sommes passés par là. Et il y a toujours les plus jeunes, insouciants et innocents, ils se confient à vous, vous racontent leurs petits tracas quotidiens, leurs petits soucis de jeunesse que l’on a tous bien connu. Ils vous font des câlins, vous embêtent parfois, et vous montrent tout leur amour. C’est la gaieté de ce métier. Mais aujourd’hui est mon dernier jour avec eux, Laura, David, Jojo la fripouille, Sarah la chipie… Ils vont tous me manquer. Mais je suis bien obligée de les laisser, on me propose un stage sponsorisé en Chine !  J’avais attendu ce moment depuis trois ans, puis ne m’y attendais plus trop étant donné le temps qui passait. Ils m’avaient sûrement oublié. Moi qui apprends la langue chinois depuis des années, enfin j’allais pouvoir mettre mon savoir en pratique. Mais c’est si dur de me dire que je vais devoir quitter mes « petits jeunes » comme j’ai souvent l’habitude de les appeler. C’est pourquoi pour ma dernière journée avec eux, j’ai décidé d’organiser une sortie. J’ai tout préparé, les repas que l’on grignotera sur la Place, et les tickets pour la Salle d’arcade Strasbourg. Ils m’en parlaient depuis un moment, mais j’ai toujours refusé ne sachant pas trop ce que c’était. C’est tout nouveau, et les affiches publicitaires sont partout, donc forcément qu’ils m’en parlent ! Ils sont tellement contents lorsque le leur annonce le programme, tous ces sourires sur leurs visages. Ils ne savent plus quoi ressentir, doivent-ils exprimer leur joie d’y aller, ou leur peine de me laisser bientôt ? Je leur dis alors « profitons de l’instant présent, les au revoir sont pour plus tard. ». Et c’est d’un pas enchanté que nous y allons. Tout se passe à merveille, tous les enfants rient et s’amusent ensemble, chacun vient de temps à autre me faire un câlin ou un baiser. Ils sont si démonstratifs tout à coup, mêmes ces ados toujours mécontents s’y mettent. Ca me fait tellement chaud au cœur. La journée s’achève, les étreintes sont émouvantes. Certains jeunes versent une larme, moi, non, je me retiens de leur montrer ma tristesse. Je rentre chez moi, je fais mes valises, et m’effondre. Les reverrai-je un jour ? J’espère bien…

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